Chase The Hydra ne contient aucun tube. Fin de la chronique.
La gestation de cet album m’a paru compliqué.
CRIMSON GLORY a pris le temps de dénicher la perle rare en la personne de Travis Wills. Un chanteur au timbre vocal incroyablement proche de celui de feu Midnight. Une quête ardue, je le reconnais. Surtout qu’en 1999, le groupe s’était « contenté » de Wade Black ; puis en 2010, après des années d’errance et le décès de leur charismatique Midnight, il embauche le talentueux Todd La Torre. L’histoire nous la connaissons : Todd La Torre rejoint la concurrence QUEENSRYCHE, au grand dam du public et du groupe.
Et l’attendu cinquième album dans tout ça ? Aucun signe de vie.
Forcément, la sortie du single Triskaideka en 2024, provoque un engouement chez les fans et apporte un éclairage médiatique à CRIMSON GLORY. Ensuite, c’est en avril 2026 qu’est prévu Chasing The Hydra.
Je reconnais que l’image de LA légende CRIMSON GLORY s’est écornée avec le temps. C’est un retour inespéré et pourtant en demie-teinte.
Chase The Hydra me replonge dans la belle époque, celle de Transcendance en particulier. Mais loupe le coche : où sont les titres impactants, entêtants ? Pratiquer du Metal Progressif, je suis preneur. Proposer des mélodies accrocheuses, je le suis aussi. Là, ça en devient trop « technicité » au détriment de la mélodicité.
J’en viens à une interrogation : pour quelles raisons suis-je devenu exichiant (exigeant et chiant) vis-à-vis d’une production honnêtement et (quasi) objectivement de qualité ?
J’estime qu’à baigner dans un flot de sorties d’albums intrinsèquement corrects, voire plus que corrects, j’en oublie la gratitude à l’égard de ces musiciens (de ces labels?). C’en est devenu banal, donc comme un acquis que je ne remets pas en question. Oui, tout n’est pas parfait. Non, tout n’est pas catastrophique ou déjà écrit. La quantité occulte parfois la qualité. Les disques se chassent les uns les autres. A peine un est sorti, un autre prend le relai.
Je considère aussi qu’internet facilite bien trop la découverte. Une boulimie de l’information. Un clic et j’accède à la quasi entièreté discographique d’un groupe ou artiste !
Je concède que l’un des seuls remèdes à cette époque de l’immédiateté et de la profusion à outrance reste la rétrospective. Je m’explique : aujourd’hui, je replonge dans les années 2000 et je ré-explore des opus que j’ai jugés hâtivement, durement à leurs sorties. Le coup d’oeil dans le rétroviseur me paraît bénéfique. Dans dix ans, qu’adviendra-t-il de ce Chase The Hydra ?
