CORONER, LORD OF THE LOST, VISIONS OF ATLANTIS - Motocultor édition 2026

J’ai un brin rechigné à me rendre au Motocultor édition 2026. Je n’ai réservé mes billets qu’en juillet. J’estime que la fin d’année 2025 et début 2026 furent douloureux, personnellement. Pourtant, l’idée me trottait dans la tête. Le budget étant serré, j’ai fait l’impasse sur le jeudi malgré la présence de DEATH ANGEL pour me concentrer sur vendredi et dimanche.

CORONER

Je vais être franc : j’apprécie CORONER, j’ai l’occasion d’assister à l’un de leurs concerts au plus proche de chez moi, je m’y rends. Par contre, je ne suis pas un fan assidu des suisses. Ainsi, j’ai accueilli le spectacle comme il se doit, sans attente particulière. C’est monolithique, comme ma posture physique (douleurs dorsales – sacrum – qui me rappelleront à leurs bons souvenirs durant l’après-midi). C’est aussi carré, sans fioriture, peu de blablabla, droit à l’essentiel et ça m’arrange !

Pour l’anecdote, en patientant à la Supositor Stage, j’entends le concert de REVNOIR la scène d’à-côté (Dave Mustage). Autant dire que j’ai trouvé leur musique insupportable. Français ou pas, le Metalcore ce n’est clairement pas fait pour moi. L’envie d’étrangler le chanteur me démangeait ! (je précise qu’il s’agit d’humour, noir il est vrai, mais de l’humour. Merci de votre attention, mesdames-messieurs les premiers degrés) J’alerte ici le lecteur, la lectrice : j’adore la Fusion fin 80-début 90 et d’autres courants expérimentaux ; j’entends par là que je me considère relativement ouvert en la matière, mais là, non, rien n’y fait, je suis hermétique ! Lorsque que CORONER a déboulé avec son Thrash Metal, j’ai souri et me suis senti soulagé : on remet les pendules à l’heure ! Les anciens sont dans la place !

Pour en revenir à CORONER, leur prestation m’a donné envie de creuser leur discographie, au-delà de l’unique album que je possède, à savoir No More Color. Je n’en attendais rien, j’ai été agréablement surpris ! Mention spéciale au claviériste-pianiste Daniel Sössel, dans une transe incroyable ! Comme s’il jouait sa dernière note, voire sa vie ! C’en était hypnotique !

LORD OF THE LOST

Sans grande transition, je bascule à la scène libérée de REVNOIR pour céder la place aux allemands de LORD OF THE LOST. C’est une formation que j’ai découvert en 2018, à la sortie de Thornstar. J’adore leur disque Die Tomorrow, contenant de nombreux classiques du groupe. Par contre, j’ai sciemment zappé leur dernière trilogie Opvs Noir volume 1, 2 et 3. Sans doute une connerie de ma part car je n’ai pas reconnu tous les titres joués ce soir-là… Je considère qu’ils sont sacrément prolifiques en terme de productions studio.

Rigueur germanique oblige, c’est carré et ils dégagent une réelle sympathie. Leur Metal Gothique, dansant (pour ne pas dire Electro-Industriel), se propage à la foule ! Blood For Blood est la chanson qui m’a procuré le plus de plaisir ! Je regrette qu’ils n’aient pas intégré un morceau plus calme, afin de contrebalancer les instants plus acérés, pachydermiques. J’estime que c’est là l’erreur monumentale de nombreux musiciens participant au Motocultor : n’interpréter que des titres jugés foncièrement Metal, c’est-à-dire rentre-dedans. Nous ne sommes pas tous des brutes, des insensibles, mesdames-messieurs les artistes. Ce sera mon unique critique concernant LORD OF THE LOST.

VISIONS OF ATLANTIS

Je me pose durant l’heure suivante. Grand-père Ewen commence sincèrement à fatiguer (malgré l’économie de mouvements). Je pense que les canicules successives ne nous ont pas aidé. Et encore, ce vendredi-ci, l’atmosphère était plus fraîche que celle de la veille ! J’ai une pensée pour les bénévoles sans qui ce festival n’existerait sans doute pas (sous cette forme).

En avant vers la Bruce Dickinscene pour admirer la belle Clémentine Delauney, maîtresse des vents (comme la plupart des chanteuses en Metal Symphonique, adeptes des gestes aériens) et des marées. Sous la tente, le public s’agglomère déjà.

Si je connaissais le groupe depuis des lustres, c’est à l’arrivée de Delauney et la refonte interne que j’ai adhéré à VISIONS OF ATLANTIS. Mon premier disque fut The Deep And The Dark. Cet opus est à mon avis la bascule d’un Metal Symphonique conventionnel vers un Metal Pirate. Alors, comme le disait un ami : « One Piece nous a décomplexé du ridicule », assister à une troupe de flibustiers et joyeux lurons ne me surprend pas.

C’est frais, bien orchestré mais… bordel, qu’est-ce que c’est que cette bouillie auditive ?!? Par instant, ça frôle l’inaudible. Et ils ne sont pas les seuls à en pâtir. A force de mettre les potards à fond les ballons, ça en devient surenchère des uns et des autres sur scène.

En outre, je me suis senti gêné lorsque Clémentine Delauney interpelait et s’adressait au public. L’impression qu’elle cherchait ses mots, qu’elle improvisait maladroitement en français. Je n’évoque pas l’essoufflement, chose naturelle pour un chanteur entre deux chansons. Là, j’ai trouvé qu’elle s’exprimait de manière artificielle (peut-être une forme de stress?). Ca tranchait d’ailleurs avec l’autre orateur et chanteur, Michele Guaitoli, véritable monstre lorsqu’il s’agissait de chauffer l’assemblée. Le gars respire le charisme à plein nez ! Par contre, ils sont égaux en terme de performance vocale ! Y a pas débat ! J’en profite d’avance, si d’aventure madame lisait ces quelques lignes (ce qui vaut aussi pour ces messieurs de REVNOIR) : je ne critique pas votre personne, simplement la prestation, en partageant mon vécu depuis la fosse. Je ne peux pas plaire à tout le monde, il en va de même pour vous autres musiciens.

J’admets qu’au sujet de VISIONS OF ATLANTIS, je suis sans doute plus exigeant. Je conviens toutefois que la bonne humeur était de mise ! C’est bon enfant. Un bon point à leur actif !

Et mot de la fin : je crains que ce concept Pirate Metal ne s’essouffle, sur long terme. Ce qui était frais, inventif (dans une certaine mesure), finira inévitablement par se transformer en ronron. Question : comment se renouveler sans trahir son identité (et ses fans) ?