Power Metal - Speed Metal Mélodique [DANS LE VISEUR #8]

Ce dossier fait suite à une liste RateYourMusic. L’idée de ce papier n’est pas d’être exhaustif ; plutôt de survoler le genre Power Metal. Je me base sur mes propres expériences, mes acquis. Il y aura forcément des lacunes. Considérons ceci comme une base, presque une ébauche de ce registre musical.

Auparavant nommé par la presse française Speed Metal Mélodique - suite d'une scission dans le Speed Metal : le Thrash Metal d'un côté ; le Spimélo de l'autre -, désormais (re)baptisé Power Metal, ce genre fut adulé un temps par la populace (médias et public). Aujourd'hui, il est de bon ton de ringardiser ce courant, bien que des citadelles d'irréductibles fans subsistent.

Ce registre musical allie vélocité, mélodicité, mordant et puissance au service du Metal.

Je dénombre plusieurs « écoles » que je classe par aires géographiques. Bien entendu, à y regarder de plus près, il existe des écoles à l’intérieur de ces mêmes écoles ou des ponts entre elles :
- L’école scandinave (Suède, Norvège et Danemark ; et par extension Finlandaise)
- L’école britannique
- L’école germanique
- L’école sud-américaine/ibérique
- L’école italienne
- L’école nord-américaine
- L’école française
- L’école asiatique

Ces écoles sont caractérisées par un « son ». Par exemple, l’école germanique aborde le Power Metal de manière Wagnerienne, c’est-à-dire tonitruante, grandiloquente, pachydermique (chirurgicale ?). L’école italienne s’avère plus aérienne bien que grandiloquente, presque délicate, cristalline par instants. L’école sud-américaine/ibérique se rapproche sensiblement de l’école italienne, un aspect folklorique, voire tribal en sus. L’école britannique plus poétique que la parfois brute de décoffrage école nord-américaine (et encore, cela reste à nuancer).

Se mêlent à cela le folklore, les cultures, coutumes locales qui apportent une identité bien distincte à ces écoles. De même, la manière de chanter : si le haut perché domine souvent, une voix rugueuse peut être employée. Ou encore l’imagerie populaire mondiale (comprendre la Pop Culture).

Le père fondateur est, sans conteste, HELLOWEEN. Les bases sont posées dès Walls Of Jericho, en 1985. STRATOVARIUS proposera une lecture alternative, tandis que BLIND GUARDIAN, GAMMA RAY ou RUNNING WILD confirmeront la recette brevetée par leurs compatriotes d’HELLOWEEN. Ainsi, le père et ses disciples défrichent le terrain. Il s’agit de la première vague.

La seconde vague s’axera, dans les années 90, autour de groupes comme les allemands EDGUY (et AVANTASIA), FREEDOM CALL (le fils bâtard du fils bâtard GAMMA RAY), les inattendus brésiliens d’ANGRA, les nord-américains de KAMELOT, les finlandais de SONATA ARCTICA, les italiens de RHAPSODY, les danois de ROYAL HUNT entre autres.

Cette seconde vague est difficilement dissociable de la troisième, née dans les années 2000. Ou plutôt dans la continuité. Des émules se créent, autant par appât du gain que par réelle filiation. L’arrivée d’internet dans les foyers contribue aussi au phénomène. Autre facteur favorisant l’essor du genre : la professionnalisation, la spécialisation de labels (Limb Music, Noise Records, Nuclear Blast Records, Century Media, NTS en France, etc.).

Puis, le filon tend à s’épuiser, malgré un certain engouement pour de nouveaux venus. Nouveaux venus supplantant les désormais anciens, sans réussir toutefois à les enterrer définitivement. La bête est coriace. Par exemple HELLOWEEN, souvent annoncé en fin de règne et pourtant capable de surprendre jusqu’aux plus sceptiques ! Ces petits nouveaux n’en sont pas tous comme SABATON, POWERWOLF ou DRAGONFORCE par exemple, toutefois ont su tirer leur épingle du jus et se hisser au rang d’incontournables actuellement.

Au fil du temps, le genre se codifient d’avantage, produit des ramifications surprenantes néanmoins lutte contre sa propre ringardisation et le désintérêt d’une frange du milieu Metal.